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Prix : 5,90 

Chronique d Abou Zakaria

Émile Masqueray

Fiche de l’ouvrage

Auteur Émile Masqueray
PremiÚre édition 1878
Type Périodiques
Format ePub
Qualité numérique N/A
Référence MASQ1101-2
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Chronique d’Abou Zakaria, traduite et commentĂ©e par : Emile MASQUERAY, 305 pages.

Si l’on considĂšre que Ibn Khaldoun, qui consacre seulement une page Ă  Abd er-Rahman ben Roustem et quelques lignes Ă  Abd el Ouahab, semble ignorer absolument les Imams ibadites Ă  partir de Aflah, on comprendra l’importance de ce document grĂące auquel nous est rendue, avec mille dĂ©tails, l’histoire glorieuse d’une (Ecole) qui contribua plus qu’aucune autre Ă  distinguer les Berbers, et se prĂ©sente encore Ă  nous vivante dans les cinq petites villes du Mzab et dans leurs colonies. (E. MASQUERAY)

Présentation

La Chronique d’Abou Zakaria n’est point un livre d’histoire, Ă  proprement parler. ÉmanĂ©e d’une sociĂ©tĂ© religieuse, rĂ©digĂ©e par un Cheikh pour ses disciples, elle contient des dĂ©tails qu’un lecteur moderne peut croire inutiles ; mais ce reproche de puĂ©rilitĂ© que l’on adresserait aussi bien Ă  la Chronique de Villehardouin, est gĂ©nĂ©ralement mal fondĂ© en ce qui touche les documents du Moyen-Ăąge chrĂ©tiens ou musulmans, et serait particuliĂšrement injuste dans le cas prĂ©sent.

Si l’on considĂšre que Ibn Khaldoun, qui consacre seulement une page Ă  Abd er-Rahman ben Roustem et quelques lignes Ă  Abd el Ouahab, semble ignorer absolument les Imams ibadites Ă  partir de Aflah, on comprendra l’importance de ce document grĂące auquel nous est rendue, avec mille dĂ©tails, l’histoire glorieuse d’une (Ecole) qui contribua plus qu’aucune autre Ă  distinguer les Berbers, et se prĂ©sente encore Ă  nous vivante dans les cinq petites villes du Mzab et dans leurs colonies.

La Chronique d’Abou Zakaria Ă©tait encore inconnue de tous et de moi-mĂȘme, quand je gravissais, le 5 mai 1878, le rocher abrupt, isolĂ©, qui porte la petite ville de Melika. Le livre, de dimension moyenne, pouvait contenir quatre cents pages d’une bonne Ă©criture arabe.

Je lus en tĂȘte : PremiĂšre partie du Livre des Biographies et des Chroniques des Imams, ouvrage du cheikh, du distinguĂ©, du savant, du seigneur, du gĂ©nĂ©reux, de l’équitable Abou Zakaria Iahia ben Abi Bekri, qu’Allah le recueille dans sa misĂ©ricorde, et nous fasse trouver dans son livre profit et bĂ©nĂ©diction. Amen.

Le caractĂšre de la Chronique d’Abou Zakaria est essentiellement religieux. Elle est l’histoire des Compagnons de l’ƒuvre, Sahab ed daaoua. Tel est en effet le nom par lequel les Ibadites d’Afrique se dĂ©signent, et ce nom n’est pas sans analogie avec celui de Beni Meshab. Notre français Chronique ne traduit qu’imparfaitement le mot Sirat que les MahomĂ©tans donnent aux ouvrages de ce genre. Sirat signifie tout Ă  la fois Biographie et RĂšgle. C’est ainsi que, chez les Beni Mzab, la RĂšgle des (Azzaba) est dite Sirat d’Abou Ammar Abd el Kafi.

Les (Azzaba) m’expliquĂšrent que la Chronique proprement dite comprenait seulement le premier tiers du volume, et que le reste Ă©tait rempli de traditions analogues Ă  nos Vies des Saints. Les lieutenants des Imams y sont mentionnĂ©s et parfois y tiennent plus de place que leurs maĂźtres ; toutes les actions importantes y sont marquĂ©es avec une prĂ©cision qui dĂ©concerte nos connaissances gĂ©ographiques ; en fin les controverses thĂ©ologiques y sont exposĂ©es avec un luxe d’anecdotes qui ne sont pas dĂ©placĂ©es, quoi qu’on puisse croire, et donnent au contraire Ă  l’ouvrage son vĂ©ritable caractĂšre.

Extrait de l’Introduction (E. MASQUERAY, 7 Novembre 1878).

Biographie de l’auteur

MASQUERAY Emile (1843-1894), normalien, historien, ethnologue et linguiste, il enseigne l'histoire et les antiquitĂ©s d'Afrique Ă  l'École supĂ©rieure des lettres d'Alger avant d'en ĂȘtre nommĂ© le directeur en 1878. Il apprend l'arabe et le berbĂšre et se consacre Ă  l'archĂ©ologie, en particulier des vestiges romains des AurĂšs. Il s'intĂ©resse de prĂšs des sociĂ©tĂ©s berbĂšre, la comprĂ©hension de leurs structures sociales et la philologie des dialectes berbĂšres. Il est l'un des organisateurs et instigateurs des premiĂšres Ă©coles en Kabylie. Il sĂ©journe prĂšs de trois mois au Mzab et en rapporte des livres historiques, lĂ©gislatifs et religieux. Dans ses Ă©crits il dĂ©veloppe son idĂ©al rĂ©publicain Ă  propos de la colonisation en AlgĂ©rie qui, selon lui, doit principalement profiter aux vaincus. Il se heurta Ă  l'appareil colonial et sera amenĂ© Ă  publier des articles anonymes dans Le Journal des dĂ©bats.

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