La mudawana d’Ibn Ghanem
المدونة الكبرى
Fiche de l’ouvrage
| Auteur | MOTYLINSKI A. de Calassanti |
|---|---|
| Type | Manuscrits |
| Format | |
| Taille | 6,67 Mo |
| Pages / minutes | 130 p. |
| Qualité numérique | N/A |
| Référence | MOT20111ARO |
Description complète
A. de C. Motylinski, La Mudawana d’Ibn Ghanem : un manuscrit arabo-berbère. Notice, sommaire et extraits.
Grâce à Motylinski, qui a précieusement recopié certains passages, notamment ceux en langue berbère, nous avons pu mettre à la disposition de nos lecteurs ce rare document manuscrit de 122 pages. À ce document, nous avons également ajouté l’étude « spécimen » faite par Motylinski à l’occasion du Congrès des Orientalistes.
C'est aujourd'hui, grâce également aux études remarquables de Vermondo Brugnatelli, chercheur et linguiste italien, que nous avons pu découvrir l'existence de l’intégralité de ce précieux manuscrit qui comprend 594 pages.
Présentation
Ce manuscrit bilingue provient de Zouagha, dernier centre en Tripolitaine des Nekkarites, dissidents de la doctrine ibadite.
Ce manuscrit, qui comprend dans son intégralité 594 pages, reste aujourd’hui introuvable. Mais, grâce à Motylinski qui a précieusement recopié certains passages, notamment ceux en langue berbère, nous avons pu mettre à la disposition de nos lecteurs ce rare document manuscrit de 122 pages. Reste à savoir si, sur les 594 pages, Motylinski avait extrait tous les passages « berbères » ou seulement quelques-uns.
À ce document, nous avons également ajouté l’étude « spécimen » faite par Motylinski à l’occasion du Congrès des Orientalistes.
Le texte berbère de ce manuscrit se présente sous des aspects différents : tantôt comme une traduction exacte des mots ou des phrases arabes, tantôt comme un développement et un commentaire de la question posée en arabe. Le plus souvent, il prend la forme d'une discussion toute berbère, se rattachant plus ou moins directement au sujet traité en arabe.
Bien qu’il soit connu sous le nom de Mudawana d’Ibn Ghanem, selon Motylinski, la partie arabe de l’ouvrage, traduite et commentée par la suite en berbère, n’est pas l’œuvre de ce seul auteur. On peut en réalité en rattacher une partie à un livre connu d’Ibn Abbad, mentionné dans la lettre-catalogue d’El-Berradi.
Les divisions principales de l’ouvrage portent sur :
- La prière,
- Le jeûne,
- La dîme aumônière,
- Le mariage,
- Le divorce,
- La donation,
- Les testaments,
- La disposition pécuniaire pour meurtre ou blessures.
Cette copie est relativement récente puisqu’à la fin des divisions, on trouve comme dates les années de l’hégire 1288, 1289 et 1290.
Comme le souligne Motylinski, ce n’est pas là un traité méthodique du droit musulman, mais une série de solutions données sur les différentes matières à des questions posées à Rabie ben Habib et à ses compagnons Abou el-Mou'arridj, Abou-Saïd Abd-Allah ben Abd-el‑Aziz, Abou-Ayoub, Hakim ben Mansour, etc., personnages ayant autorité juridique dans la doctrine ibadite.
[Complément historique issu des notes]
Le Commandant Rebillet, qui était attaché militaire à la Résidence Générale de France à Tunis, obtenait par l’intermédiaire du khalifa de Djerba, Ali ben Brahim el-Djemni, communication d’un manuscrit arabo-berbère connu sous le nom de Mudawana d’Ibn Ghanem, avec une petite traduction de quelques passages faite par le khalifa.
Pour son examen, M. Rebillet a fait tout d’abord appel à A. Bossoutrot, en lui communiquant quelques pages. Le document renferme l’explication en arabe d’un certain nom de mots berbères employés dans le commentaire de la Mudawana par le Cheikh Abu-Zakaria Yahya d’Ifren, explication recueillie et transmise à ses disciples par le Cheikh Messaoud ben Salah ben Abd el-Aâla.
Pour faire connaître ses premiers résultats, Bossoutrot a publié, en 1900, un article dans la Revue Tunisienne intitulé : « Vocabulaire berbère ancien (dialecte de Djebel Nefoussa) », pp. 489-507.
Ensuite, M. Rebillet avait communiqué, en 1901, un exemplaire de ce manuscrit à Motylinski. À titre de spécimen, ce dernier avait présenté au Congrès des Orientalistes, tenu en 1905, un certain nombre de feuilles de la Mudawana pour donner une idée de l’importance de ce document.
La traduction de la Mudawana et ses commentaires en amazigh ont été réalisés par Abu Zakaria Yahya al-Ifrani. Une copie unique de 594 pages était en possession du colonel Rebillet, acquise à Zouagha, le dernier centre des Nekkarites. Motylinski l'a examinée et en a extrait plusieurs paragraphes pour les présenter au Congrès des Orientalistes afin de faire connaître le manuscrit, en attendant de se consacrer à sa vérification complète. Malheureusement, sa mort soudaine un an plus tard l'en a empêché.
De son côté, le chercheur français Bossoutrot a sélectionné et traduit certains termes religieux. Nous avons d'ailleurs retrouvé un cahier de Motylinski dans les centres d'archives, contenant des annotations et des remarques sur la Mudawana. Ces explications sur l'ouvrage avaient été rassemblées et transmises par le Cheikh al-Ifrani à son disciple, le Cheikh Messaoud ben Salah ben Abd el-Aâla.

